.: Madame de Sarsil :.
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Posted: 22/05/2008 15:12:31 Post subject: [Validé] Sa Grâce Shenorsha de Sarsil |
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Genèse
Shenorsha est née d'un père et d'une mère diplomates d'Umbara. Il est prouvé scientifiquement que ce genre d’union donne toujours naissance à un enfant doté de la beauté de sa mère et du compte en banque de son père, et elle ne fit pas exception à cette règle.
Chapitre Premier
« L’odeur de la mort pour unique réveil »
On était en plein centre d'Umbara. Shenorsha était à peine âgé de douze ans. Chaudement blottie dans son lit, l’adolescente avait les yeux rivés sur le plafond crème. Les cristaux ornant l’énorme luxe tintèrent. Un mélodieux son en ressortit. Puis le silence. Un sombre silence. C’était beaucoup trop calme. Aucun cri, aucun hurlement, aucun pleur. Généralement, l’on entendait distinctement la gouvernante préparait le petit-déjeuner. Mais ce matin, c’était différent. Comme si toute la famille avait disparu de la circulation. Le cœur de Shenorsha s’emballa. De grosses gouttes perlaient de son front. Elle ferma les yeux et pria de toutes ses forces pour que ceci ne soit qu’un rêve. Le lustre tressauta, puis se balança doucement de droite à gauche. La jeune fille s’apprêtait à se lever alors qu’une secousse inhabituelle vint faire trembler les fondations de la demeure. Une respiration haletante se colla à son oreille et avant même qu’elle ne fasse le moindre geste, une lourde main se posa sur sa petite tête chauve et l’envoya valser contre le mur d'en face. Devant elle se tenait un homme d’une quarantaine d’années tout au plus. Une lumière argentée éblouit quelque peu Shenorsha, avant que celle-ci ne s’aperçoive que la lame d’une vibro-épée se reflétait aux rayons du soleil. Elle hurla de toutes ses forces, se précipitant sur la porte.
« Maman ! Papa ! Aidez-moi ! »
Elle se mit à courir, ouvrant au passage les nombreuses portes, espérant trouver un visage qui lui soit familier. Pourtant, personne à l’horizon. Des larmes coulèrent sur ses joues pâles, dévalant l’escalier.
« Pourquoi est-ce que c’est si silencieux ?! »
Elle se stoppa net. De parler et de fuir. Elle lâcha la peluche qu’elle avait dans ses mains, celle-ci s’écrasant lourdement sur le sol rougeâtre. Un filet de sang coula jusqu’à ses pieds, mais elle ne tressaillit pas. Elle ne bougea pas. Elle était comme devenue léthargique. Un corps était accroché au bout d’une corde. L’horreur fut telle quand elle fixa les yeux révulsés de sa jeune sœur. Le pénible son que faisait les bottes du mercenaire en descendant les marches la secoua quelque peu. Dans un geste de dernière minute, Shenorsha eut le temps d’attraper le blaster posé sur le buffet et fit volte-face, visant la tête de l’agresseur. L’adversaire leva les bras, prêt à faire tomber le tranchant de la lame sur la fille. Un coup de feu terrible, puis le silence revint.
Notre héroïne se réveilla, secouée par un voisin. Elle s’assit précipitamment, se tenant le crâne. « Tout va bien, petite ? » avait demandé le congénaire. Mais il n’eut en guise de réponse qu’un grognement étouffé. Le sang séché maculait le sol, et on l’aida à se relever. Le chasseur de prime était lui aussi étendu à terre. Inutile de vous décrire dans quel état il se trouvait. L’adolescente et le vieillard détachèrent sa sœur et posa son corps inerte sur la table de la salle à manger, se débarrassant des débris qui encombraient le passage. Shenorsha tourna les talons et fouilla dans toutes les pièces du rez-de-chaussée à la recherche de ses parents. L’horreur était loin d’être terminée. Prenant son courage à deux mains, la jeune fille ouvrit la porte du sous-sol. Des traces évidentes de lutte étaient visibles. Elle s’aventura dans la pénombre, tâtant les parois cimentées. En bas de l’escalier exigu, elle trébucha sur quelque chose et s’étala de tout son long aux pieds de sa mère. Relevant la tête, elle remarqua qu’une faible bougie éclairait les lieux. Une fille, âgée d’approximativement dix-sept ans, tenait elle aussi une vibro-épée. La lame était pointée vers la nuque de l’otage. Shenorsha hurla pour la deuxième fois de la matinée, alertant le confrère resté près de la défunte. Seulement, il était beaucoup trop tard… La ravisseuse éclata d’un rire cristallin, avant de décapiter sans vergogne sa proie. L’enfant fut éclaboussé d’un liquide rouge, pleurant à chaudes larmes. Un autre coup de blaster, puis le silence…
Chapitre Second
« L’odeur de la mort pour unique sommeil »
Une ombre se déplace… elle avance lentement. Ses mouvements sont emplis d’une grâce et d’une agilité incomparables. Elle se faufile entre les arbres morts, rejoignant la grande demeure en face de celle-ci. Derrière, on peut facilement percevoir le son des râles et des gémissements d’agonie. En se déplaçant un peu sur la droite, on peut trouver le corps d’un jeune mercenaire sans vie. Son arbalète est à ses côtés. Une lame est plantée dans la cuisse de la mystérieuse silhouette. Elle boite, mais arrive tout de même à marcher. L’homme est mutilé de toute part, presque nu sur les brindilles et l’herbe séchée. Le sang macule le sol. Des griffures se baladent sur ses membres, le pied visiblement cassé. Ses vêtements sont jetés vulgairement plus loin. Il était mort sans honneur ni dignité.
L’ombre lève les mains au ciel, observant la pleine lune. Elle passe ses longs doigts sur ses lèvres, goûtant au plaisir de cette boucherie. Dans un rire cristallin, elle disparaît dans la nuit, franchissant la lisière de la forêt.
Tout est silencieux. Un valet ouvre la gigantesque porte automatique. Deux autres personnes se précipitent sur l’ombre, qui les repousse violemment d’une main. Elle retire sa longue toge blanchâtre, découvrant son corps. Elle laisse alors apercevoir ses épaules blanches et frêles, ainsi que son crâne anormalement chauve. La petite robe clair lui sied parfaitement les formes. A son allure imposante, on devine qu’elle ne doit pas être bien jeune. Toutefois, sa beauté trompe l’œil. Au moins une trentaine d’années… voire plus. Mais les étoiles de la galaxie semblent s’être particulièrement penchés sur son berceau tant elle irradie de splendeur. Assez grande, elle impose par sa stature de déesse sous ses chemisiers blancs, résultat de longues heures de pratique d'arts martiaux. Elle est néanmoins loin d’être une affreuse bodybuildée et son corps harmonieux se complète d’une élégance noble, voire même d’une certaine grâce, dans sa démarche, si bien qu’on peut la comparer à un félin. Comme elle a su le montrer, ses longues mains douces et fines sont capables des pires atrocités. Son visage, semblable à celui de Perséphone, enchante et fait se pâmer d’amour la plupart des hommes qui la rencontrent. Ses incroyables et éclatants yeux jaunes vous transpercent et vous effraient lorsqu’ils deviennent aussi froids et durs que le topaze, mais qui toujours vous charment et vous feraient faire n’importe quoi. Sa fine mâchoire met en valeur une bouche pâle ourlée et bien dessinée qui dévoile souvent un sourire ironique.
Ladite ombre s’avance dans le hall luxueux. Elle retire lentement ses bottines blanches, posant ses pieds nus sur le marbre blanc. Elle plaque une main sur le mur, grimaçant de douleur. D’un geste vif, elle tire violemment sur l'arme plantée dans sa cuisse. Chanceuse, la lame n'a pas cassé. Cependant une brûlure immense entoure la blessure. Elle vocifère quelques paroles au valet, et celui-ci se plie presque en quatre pour répondre à sa maîtresse.
De retour dans sa chambre, la dame s’allonge doucement sur son lit aux draps de soie. La pièce est plongée dans le noir. Ses yeux immobiles fixent le plafond, comme si elle était absente. Pourtant, une main hargneuse vient attraper un data-bloc. Son doigt passe entre les touches et ouvre le logiciel. On devine alors facilement que celui-ci est un journal intime.
| Quote: | | « Shenorsha, quant à elle, est un personnage trouble, opaque et manipulateur, qui cache ses opinions et ses pensées derrière plusieurs masques. On peut décemment dire qu'elle projette de sombres desseins. C’est quelqu’un d’inquisiteur, persuasif, suspicieux et très prudent, prenant toujours garde à ses arrières, ne laissant jamais autrui prendre le pas sur ses actions futures. Elle a très peu de patience, même si parfois elle sait être d’un grand calme lors des situations plutôt houleuses. Pour elle, la vie n’a aucun intérêt quelconque - sauf la sienne - tant qu’elle peut faire régner ses idéaux et sa politique dictatoriale. Elle se soucie beaucoup des autres diplomates, s'acharnant sur quiconque portera atteinte à ses projets. Elle est consciente que de fortes tensions naquirent entre chaque partie, mais elle serait capable de prendre part à une guerre sanglante visant à réduire à néant ses rivaux. Elle aime voir les choses en grand, c’est une idéaliste et une aventurière hors du commun. Ce personnage mystérieux est rongé intérieurement d’une haine considérable, un mal être présent depuis des années, causé par on ne sait quoi. Elle n’entretient que très peu de relation et ne fait confiance qu’à un nombre limité de personnes. Ses seules « connaissances » sont les collègues avec qui elle a passé affaire. » |
Un sourire ironique se dessine peu à peu sur les lèvres de la Baronne. Elle retourne le data-bloc et au dos on peut y lire « Profil psychologique des Umbarans des dix premières castes ».
On frappe à la porte alors qu’elle ferme les yeux. Une jeune femme parle.
« Tu dors, Shenorsha ? »
« Non, je regarde l’intérieur de mes paupières. »
L’interlocutrice ne relève même pas et sort de la chambre sombre. Sarsil laisse échapper un rire étouffé, se levant. Elle s’approche de la fenêtre et tire les rideaux couleur sang. La lumière qu’émet la pleine lune pénètre la pièce et l’éclaire. La dame laisse tomber sa robe au sol, découvrant un magnifique corps aux formes appétissantes. Elle tourne les talons, allant s’assoire sur un siège, repliant ses genoux contre ses seins. Le teint pâle, l’expression blafarde, elle pense…
Chapitre Troisième
« L’odeur de la mort pour unique voyage »
La famille de Sarsil se situant dans les dix premières castes du monde d'Umbara, Shenorsha en fut toujours avantagée sur certains points. Mais cette situation présentait également des défaillances, et pas des moindres. L'assassinat de ses parents fut l'exemple le plus flagrant.
Malheureusement pour elle, l'Umbarane ne faillit pas à sa malédiction. En effet, elle fut une nouvelle fois victime d'un de ses rivaux les plus encombrants et dangereux de sa piètre existence.
Marchant dans les méandres de sa gigantesque demeure, Shenorsha - du haut de sa vingtaine d'années - s'affairait à quitter les lieux. Le titre qu'elle obtint grâce aux travaux de son paternel lui permit de rejoindre Coruscant et sa prestigieuse académie du commerce et des sciences politiques. Ses valises étaient prêtes, il ne manquait plus qu'à régler quelques détails insignifiants et elle allait enfin pouvoir vivre une vie plutôt... normale. Ou du moins plus normale qu'elle ne l'était à ce moment.
Assise sur son lit, la Baronne tenait dans ses mains le bustier de l'énorme robe que sa mère lui avait fait créée. Une petite larme coula sur sa joue, son regard empli d'une tristesse effroyable scrutant la pièce. D'un geste décidé, elle referma le dernier bagage et laissa le vêtement sur le lit à baldaquin. Elle tira violemment sur celui-ci pour le faire basculer sur le chariot que le droïde emmena alors au hangar. Shenorsha se retrouvait seule, amassant cependant un petit pécule grâce aux activités commerciales de ses parents. Elle devait fuir, et vite. Scellant la porte derrière elle, l'Umbarane tourna les talons et se dirigea prestement vers l'entrée du spatioport personnel des Sarsil. Tout était si calme. Elle sentait pourtant une présence depuis le début de la journée. Comme si quelqu'un l'observait sans cesse, attendant le bon moment pour sortir de l'ombre et s'en prendre à sa personne. Ne pouvant s'empêcher de se retourner toutes les secondes, elle accéléra encore le pas, atteignant bientôt le rez-de-chaussée de la demeure. Mais alors même qu'elle posa une main sur la poignée qui l'emménerait loin de son passé, elle sentit un poid sur ses épaules et elle plaqua son genou sur le marbre blanc. Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'on l'a frappa violemment au visage, la future diplomate s'effondrant sur le sol.
Quand elle se réveilla, nue et battue, elle était allongée dans une pièce humide et sombre, ne décelant aucune présence vivante. Prudente, elle préféra se mettre debout et se réfugia contre le mur derrière elle, son regard vacillant à tout va dans l'espoir de percevoir quelque chose. Une lumière aveuglante pénétra les lieux et Shenorsha sentit ses yeux la brûler atrocement. D'autres lampes s'allumèrent et l'Umbarane plaqua alors ses mains sur son visage. De chaudes larmes coulèrent sur ses joues blanches, réalisant que c'était peut-être la fin... La fin de son existence, la fin de tout. Cependant, il plaisait à ses ravisseurs de jouer avec leurs proies et de les laisser pour mortes dans la nature. Et c'est ce qu'ils firent bientôt. Veillant à ce que l'otage soit calmée et prévenue, on la plaça à bord du vaisseau, la mettant aux commandes de l'appareil. Ils se mirent à rire atrocement. Une voix rauque s'éleva alors du hangar.
« Bon voyage, ma jolie. N'oublie pas de retirer le bandeau pour piloter, tu risquerai de ne rien voir. Ah, ah ! La dernière des Sarsil périra comme le reste de ces chiens galeux. »
Puis le silence. Un silence macabre. Tremblante, Shenorsha leva lentement les mains et souleva avec précautions le tissu qui lui cachait la vue. Mais au lieu de voir le tableau de bord du transporteur, elle ne vit rien. Ou presque. Sa vision était floue. Elle comprit alors qu'elle ne retrouverait jamais l'usage de ses yeux. Ces salauds l'avaient exposée à des lumières vives. Lumières qui sont insupportables aux Umbarans, ceux-ci ne voyant qu'en ultraviolets.
Prenant son courage à deux mains, elle mit le contact et décolla dans l'espace.
Chapitre Quatrième
« Quand une carcasse métallique en accroche une autre »
L’appareil flottant dans l’espace, les moteurs qui ronronnaient. Shenorsha posa ses mains sur le tableau de bord, plissant les yeux à la recherche des commandes. En vain, elle tenta plusieurs fois d’entrer en hyperespace, espérant que cela puisse lui sauver la vie, bien que le contraire soit beaucoup plus logique.
Perdant alors tout espoir, elle n’imaginait pas un instant qu’elle allait faire une rencontre plus qu’improbable. Dans cette immensité monstrueuse qu’était l’univers galactique, un vaisseau de taille moyenne s’approchait fébrilement de celui de la jeune aveugle. Ni une ni deux, voilà qu’elle fut abordée, accostée par l’équipage ; dont l’un d’eux pénétra dans le cockpit. Une secousse ébranla l’appareil et le sas s’ouvrit. Shenorsha tourna vivement la tête, tentant d’apercevoir quelque chose, ou plutôt quelqu’un.
- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
- La ferme.
Il ne fallut pas plus de temps à l’Umbaran pour deviner que c’était la voix d’une femme. Le ton était sec, mais on sentait une certaine grâce dans ses mouvements. Celle-ci semblait chercher quelque chose, fouillant dans les divers containers. La plupart étaient remplis d’objets insignifiants ou inutiles. La corsaire ne trouva qu’un peu de crédits à se mettre sous la patte.
- Vous êtes une pirate de l’espace ?
Mais l’interlocutrice ne répondait pas. Elle s’approcha des commandes, observant l’aveugle. Shenorsha regardait dans le vide, les yeux rivés vers le sas, alors que la jeune femme se trouvait dans la direction opposée.
- Je suis là, idiote.
- Pardon, dit-elle en tournant la tête, mais comme vous avez sûrement pu le remarquer, je ne vois.
- Ah, ah ! Et comment ça t’ais arrivé ?
- Des ravisseurs.
- Hum. Par quelle folie as-tu décidé de te lancer dans l’espace ?
- Je n’avais pas le choix, ils m’ont obligé.
- Tarée, t’aurais dû te tuer.
- Ah oui ?
C’est alors qu’un fin sourire se dessina sur les lèvres de l’Umbaran. Cette attitude manqua quelque peu de déstabiliser la corsaire, qui empoigna le col de sa soutane.
- Qu’est-ce qui te ferais plaisir, ma jolie ? Cracha-t-elle.
- Que tu me lâches. Et que tu me respectes.
- Ton sens de l’humour dépasse toutes mes espérances… Continue comme ça et tu peux être sûre que…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’elle retira lentement sa main, visiblement contre sa volonté. Shenorsha utilisait pour la première fois ses aptitudes de persuasion. Cet esprit faible était facile à manipuler, mais cela demandait certes une certaine concentration.
- Qu’est-ce que vous faites ? Demanda l’interlocutrice, un peu perturbée.
- Rien, ne vous inquiétez pas. Il me plairait de rejoindre la capitale. Pourriez-vous m’y amener ?
- Je ne sais pas. Sûrement. Qu’est-ce que j’aurais en échange ?
- Ma reconnaissance.
- Vous plaisantez j’espère ?
- Allez-y, dites-moi ce que vous aimeriez alors.
- Hum.
La pirate prit place sur le fauteuil d’à côté. Elle posa un doigt sur ses lèvres pulpeuses et passa une fébrile main dans sa chevelure de paille.
- Une petite discussion ne me dérangerait pas. Si je vois qu’au contraire vous ne me servez à rien, je vous tuerai.
- Après tout, qu’importe. Qui êtes-vous donc ?
- Je suis Gwaeveth Von Hederland, fille de…
- La fille de l’ancien Sénateur Von Hederland de Bespin ?
- En effet…
- Votre père a été accusé de proxénétisme et d’esclavagisme. Cette affaire l’a surpassée…
- Elle s’est ébruitée, faut croire. Elle a fait la une des holonews.
- Qu’est-il devenu ?
La blonde soupira, puis reprit sur un ton plus calme.
- Nous avons déserté la planète. Il s’est exilé sur Nar Shaddaa. Inutile de vous dire pour quelles raisons.
L’Umbaran ne sembla pas surprise, les soupçons s’étaient avérés fondés.
- Et à présent, que faites-vous ? Ne l’avez-vous point rejoint ?
- Si. Il m’a obligé à le suivre. Je ne suis là que pour nous ravitailler quelque peu. Je pille les « pilotes » comme vous.
Ma situation ne me plait pas, ne me posez pas la question.
Shenorsha ria légèrement.
- J’ai peut-être une idée. Je désire me rendre sur Coruscant afin de suivre des études en géopolitique. Si vous m’y conduisez, je pourrais vous offrir une nouvelle vie. Vous deviendrez mes yeux. Vous avez toujours été bercée par cette orientation. Rejoignez-moi et venez-moi en aide.
- Je ne sais pas. Suivre la même voie que mon père me laisse perplexe. J’en serais à jamais pénalisée.
- Vous n’êtes pas forcément contrainte de dévoiler votre identité. Il suffirait simplement de passer cela sous silence.
- Le vieillard Von Hederland me cherchera jusqu’à ce qu’il me trouve. Il m’a juré de rester à ses côtés jusqu’à sa mort.
- Alors… peut-être que sa mort devrait arriver plus tôt que prévu…
Elle sourit et se leva. La jeune femme l’aida à se déplacer vers le sas. Franchissant la porte qui menait vers le vaisseau du corsaire, Shenorsha posa une main sur son bras et fut conduite vers un des sièges.
Gwaeveth prit alors place aux commandes de son vaisseau et lâcha l’emprise sur celui de l’Umbaran. Il dériva alors, les moteurs ronronnant légèrement sous la carcasse, tandis que les dames passèrent en hyperespace vers la planète des criminels.
Silence. Tout était silencieux dans la merdique chambrée de la planque. La graisse et l’odeur acre des folles nuits torrides avaient pris possession des lieux. Couchée sur un ridicule matelas troué de toutes parts, Gwaeveth observait le bas plafond. Son blaster à la ceinture, sa main ne cessait de gigoter tout près de celui-ci, prête à s’en emparer pour tirer sur la tronche de quiconque essaierait de la toucher. Elle avait un pied sur la porte à moitié pulvérisée. Pensive, elle ne se souciait aucunement du rat qui venait dévorer à pleines dents son repas. Ses vêtements, vestige de sa vie sur Bespin, ne lui donnaient guère plus d’estime. Elle était tombée bien bas. « Merci Papa » lui avait-elle rétorqué quand il décida de s’exiler sur Nar Shaddaa. Bien sûr, elle ne pu y échapper et dû le suivre de force. Il s’était alors reconverti dans l’esclavagisme et le proxénétisme. Répugnant… Et dire qu’avant il avait une sérieuse place dans la politique républicaine. L’incorruptible. Voilà comment ses collègues l’avaient nommé. Ils faisaient fausse route sur toute la ligne ces cons ! Elle était réduite à suivre les ordres de son paternel. Elle n’avait pas envie d’être vendue elle aussi, alors mieux valait faire ce qu’il lui demandait à la lettre. Elle le détestait, plus que tout au monde… Surtout depuis le jour où il l’emmena pour la première fois sur le… terrain, dirons-nous. Confrontés à un petit gang, ils n’avaient pas fait long feu face aux feux des blasters – quel jeu de mot pourri. Dans cette guerre de rues, elle y avait laissé un œil. Heureusement que les prothèses existent. « Fallait pas y jeter un coup d’œil » s’éclaffait tous les soirs cette enflure. Très drôle. Faut avouer, c’était d’un humour plus que douteux.
Silence. Le calme devenait pesant. D’ailleurs ça l’était trop. Au moins, c’était sûrement l’occasion d’en finir une bonne fois pour toute avec cette misérable vie… Elle lâcha prise sur la porte, basculant sur le côté, faisant fuir la bestiole qui continuait tranquillement de bouffer. Elle ferma les yeux, une main sur la cuisse. Qu’est-ce qu’elle ne donnerait pas pour retourner en arrière et revivre ces années de jeunesse… Une gamine comme les autres, peut-être un peu trop pourrie gâtée, mais exactement comme celles de son âge. Une adolescente pleine de fougue et d’insouciance. Une jeune femme anéantie par la mort de sa chère mère. Que pouvait-elle rêver de mieux ? Leur famille était prisée, illuminée par tous les flashs des reporters, et grossièrement surpayée. Elle vivait dans le luxe, la gourmandise et ces autres pêchés tous aussi plus tentants les uns que les autres… Elevée par des dizaines de gouvernantes qu’elle vit défiler à longueur d’anniversaire, elle n’avait jamais ressenti cette fibre familiale. Il n’y avait que sa mère parfois… oui, parfois. Une vie spéciale, mais ordinaire pour elle. Drôle de paradoxe.
Bruits. Le silence se brisa, Gwaeveth se réveillant en sursaut. Elle sortit avec rapidité son blaster, une main plaquée contre la porte. Au dehors, on pouvait entendre deux hommes. L’un braillait, l’autre aussi. Un rodien parla puis tout le monde se tue. Bizarre. Prudente, elle continua de bloquer l’entrée, s’allongeant légèrement sur sa droite pour observer le groupe par une percée discrète dans le mur. Ils sortirent leurs armes, et la jeune femme se concentra afin de comprendre quelque chose à la conversation. A présent, il chuchotait. La nuit l’empêchait d’identifier clairement les personnes. « Maudit esclavagiste… marché noir… plates-bandes… sa fille… ancien diplomate » sont les seuls mots qu’elle pu comprendre. Et il ne lui en fallait pas plus pour deviner ce qui se tramait. Surtout quand l’un d’eux se mit à évoquer un certain « contrat ». A jouer les rigolos, son père allait finir par payer. Sa couverture avait bien duré un an, mais c’en était sûrement trop à présent. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Peut-être était-ce là l’occasion de se débarrasser de lui, comme le voulait Shenorsha… Et elle se rendormit paisiblement – ou presque, bien décidée à obtenir plus de renseignements sur cette tête mise à prix.
Gwaeveth avait décidé de quitter la planque quelques heures auparavant, après avoir entendu les hommes de main d’une criminelle parler ensemble, rejoignant l’Umbaran. Elle n’en avait touché aucun mot à son père, de crainte que celui-ci ne prenne fuite. Lâche comme il était, il serait sûrement déjà à bord d’un vaisseau en direction de Tatooine pour y poursuivre son trafic répugnant. Mais la jeune femme se devait de le coincer entre les mailles du filet de la « patronne ».
Vêtue d’un habit sombre et munie d’un simple blaster DL-21, elle arpentait les ruelles mal famées de Nar Shaddaa, à la recherche d’un des membres du gang. Elle n’avait aucune idée de ce qu’ils trafiquaient, et encore moins de quoi ils étaient capables. Si elle ne parvenait pas à les trouver, elle avait jugé bon de se rendre chez le gros hutt. Peut-être que cette grosse brute pourrait en finir avec lui.
Gwaeveth repartit en direction de la planque, histoire de prendre les dernières affaires qu’elle avait laissé là-bas. A son arrivée, la criminelle était déjà sur place. Une vraie aubaine pour l’humaine trentenaire qui plongea sur le côté, afin de se cacher derrière un des petits compartiments réservés aux prostituées. Pendant que le groupe était occupé à tambouriner sur la piteuse porte, la fille du proxénète en profita pour longer l’arrière de la bâtisse et attraper par les lekkus d’une des femelles Twi’Lek.
- Toi tu restes avec moi.
Le cinquantenaire ouvrit à l’inconnu, un fusil blaster pointé vers sa tête.
- Retire tes pattes ou je t’explose la cervelle. Qu’est-ce que tu me veux ? Grogna-t-il en direction de la dame. Dégage de là, t’as rien à faire ici. C’est moi qui commande. Tu fais un pas de plus et ma garde se jette sur ta petite tripotée d’hommes de main. Réfléchie avant de faire une bêtise, sale chienne.
Il siffla, et trois trandoshans sortirent des compartiments, suivis de plusieurs courtisanes qui les coltinaient. Armés de vibrolames, ils ricanaient doucement en s’approchant.
La Twi’Lek à la peau rouge qui était restée près de Gwaeveth se débattait.
- J’te préviens, p’tite peste, laisse-moi ou je hurle. Ton père n’aura aucune pitié à te tuer, il tient trop à son commerce. Il m’a promis de faire de moi la plus belle et la plus riche des criminelles.
Celle-ci dégaina un blaster, roula au sol pour s’extirper de la cachette, et fonça droit sur la cheftaine. D’un geste vif, l’humaine se leva et tira une salve en direction de la prostituée qui s’effondra aux pieds de la cheftaine. Le combat était visiblement engagé. Quelques minutes plus tard, après l’échauffement des canons, la criminelle leva les mains et se mit à hurler à l’intention des gardes du corps : « Tout l’monde s’arrête, votre boss est mort ! ».
Epilogue
La vie de Gwaeveth battit son cours après la mort de l’ancien Sénateur Von Hederland. Elle laissa son passé derrière elle et se construit un nouvel avenir auprès de sa protectrice, la Baronne de Sarsil. Celle-ci lui donna alors une identité autre que cette famille de demeurés. Elle était devenue Saphyr, assistante personnelle de la diplomate umbaran.
Comme demandé, la dame amena Shenorsha à Coruscant afin qu’elle y suive des cours de politique dans la plus grande école de la galaxie. C’est là qu’elle y fit la rencontre de Sir Mnensk et de Lady Annah, ainsi que leur querelleuse relation. L’aveugle tira plusieurs fois profits de l’opposition entre ses deux collègues, n’hésitant pas à jouer d’eux.
L’Umbaran obtint son diplôme haut la main et disparut de la circulation, laissant l’Ambassadeur et son amie à leurs occupations respectives.
Ayant elle aussi des projets d’envergure, elle avait entendu dire que Géonosis était contrôlée par la C.S.I. Peut-être allait-elle trouver un moyen de rencontrer le Général droïde et espérer une discussion avec celui-ci. Elle était bien déterminée à obtenir ce poste de sénatrice.
Malgré tout, il lui fallait une expérience professionnelle dans le dur monde qu'était la politique. Elle se fit alors embauchée comme consultante diplomatique auprès du Roi d'Aldéraan dès sa sortie de l'université coruscanti. Après deux ans de fidélité au Monarque, elle trouva sa place au sein de son Ministère.
Les années passèrent et Shenorsha jugea bon de se retirer de cette planète pour parvenir à ses fins, à savoir la belle et belliqueuse Géonosis, et de faire son ascension dans les hautes instances du Sénat galactique.
Elle ignorait cependant qu’elle ne tarderait pas à revoir ses amis de longue date.
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